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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:09

je n'aime pas lire des commentaires traduisant des réactions épidermiques de lecteurs à propos de mes propres écrits. Je ne prends pas le clavier pour descendre Jérôme Ferrari. Prix Goncourt, bravo ! Respect ! J'aime la puissance de l'évocation de la Corse intérieure, le style fort, la culture de l'auteur. Cependant, un beau livre, selon moi, doit stimuler mes pensées, éveiller mon imaginaire : je fais des poses, reprends la lecture, or, des phrases interminables m'obligent à des efforts de relecture qui me lassent. Je me sens ébloui par cet ouvrage, tellement ébloui que j'ai l'impression de finir aveuglé. J'aime bien m'habituer aux personnages, les retrouver, suivre une chronologie tranquille, mais j'ai l'impression dans Le Sermon sur la chute de Rome qu'on a mis les chapitres dans un panier à salade et qu'ils en sont ressortis au hasard. J'ai sûrement tort, mais très vite, je ne sais plus qui sont les personnages, je reviens en arrière : Marcel, c'est qui ? à quelle époque ? puis je me lasse, j'abandonne, je laisse aller, je m'en fous. Idem les références mythologiques ou antiques : pour certaines, je me lève, vais au dico, à Wiki, puis ras le bol, je laisse courir (l'éditeur ne pourrait-il ajouter des petites notes ? Est-ce incompatible avec la qualité du texte ?) Le lecteur aime comprendre, se sentir intelligent, ici, on ressort plutôt crétin. Le racisme ? L'ostracisme anti-sarde ? Je me dis : l'auteur est tellement intelligent qu'il faut nécessairement lire au second degré, pourtant, de simples guillemets, parfois, permettraient de se sentir parfaitement rassuré.
Un livre qui déroute, agace, va quand même souvent de pair avec une grande qualité.

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Published by Editions Scalea - dans Partage de mes lectures
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