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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 23:01
Michelle

Michelle par Claude Ferrieux

La vie d’une femme libre à l’époque de mai 68 en Auvergne et Bourbonnais.

Michelle, l’héroïne du roman, a vécu la contestation de 1968. Elle a adhéré à certains de ses idéaux. Cru à l’évolution de la société. A-t-elle vécu libre ? Intelligente, sérieuse, elle a pu étudier, réussir, travailler, être indépendante, mais qu’en est-il de la liberté d’aimer ?

En fait, sa vie sentimentale s’est heurtée à l’intransigeance des préjugés qui a failli la briser. Elle a ensuite dû entreprendre un long chemin pour se reconstruire.

Une histoire située dans la société en pleine évolution des années 60, en Auvergne et Bourbonnais, rythmée de séquences dans le Cantal, la Haute-Loire, la Saône-et-Loire, et qui évolue vers la Touraine et le Berry, sans oublier plusieurs escapades insulaires : Oléron, Ré, Sicile.

Impressions d'un premier lecteur :

Suis-je privilégié par le fait que j’écris ces quelques lignes sur un ouvrage de mon frère ? Oui et non : d’emblée, les composantes, certes multiples, des différents personnages et le choix des lieux tout aussi variés, me renvoient à un passé commun, tant il est vrai qu’en dépit des dénégations, on ne parle jamais que de soi, en l’occurrence et par procuration, de moi aussi. Michelle n’est pas anonyme, il me semble que je la connais ou plutôt la reconnais.

Elle est présente de bout en bout, ou presque. C’est d’elle dont il s’agit, c’est sur elle que le narrateur darde son regard, c’est en sa conscience qu’il entre pour, le plus souvent, la laisser, par le biais du discours indirect libre, s’exprimer. Il y a là un jeu subtil de miroirs : le prisme de l’un délègue à celui de l’autre, et la protagoniste, comme les personnages, ces jeunes, puis moins jeunes hommes et femmes qui défilent – autant de jalons dans la vie de l’héroïne – ce qui se passe en eux, leurs désirs les plus secrets, se trouvent comme doublement filtrés.

Malgré son présent de narration trompeur, l’auteur retrace un passé qui se veut manifestement initiatique : il y a du Bildungsroman (roman initiatique) en ce livre qui dessine peu à peu les contours d’une mise en maturité. Et cela, au fil d’un itinéraire quasi picaresque tant les lieux successifs, au-delà de leurs aventures parfois rocambolesques, deviennent emblématiques, chacun représentant une étape psychologique, une mutation sociale, une nouvelle époque, tranches de vie que régissent les turbulences des années 1960.

Michelle est fille de terroir, marquée comme bourbonnaise, berrichonne et solognote. Moulins, Vichy, Clermont, Montluçon, l’Aumance, l’Allier, la Loire, le Cher, puis, dans un chapitre privilégié, le carré Ivoy-le Pré, Henrichemont, La Chapelle d’Angillon, Aubigny-sur-Nère, et j’en passe. Les escapades, la Sicile, la Corse, les îles de l’Atlantique, ce ne sont que des parenthèses, chacune cependant, elle aussi porteuse d’une avancée. L’ancrage est robuste, on part, mais on revient toujours, tenu par le lien charnel avec la terre noire des aïeux.

Le lecteur bourbonnais aux franges berrichonne et bourguignonne que je suis y trouve son compte. Le livre me promène dans les plaines de la Limagne, à l’horizon des Dômes, dans les ruelles jouxtant la Place d’Allier ou au milieu de celle de Jaude, parmi les senteurs solognotes. Et en chemin, j’observe l’héroïne, dont je suis la destinée se dégageant peu à peu, au gré de l’Histoire, de la gangue bonhomme mais bien-pensante de son milieu, une femme moderne, en somme, bien de chez nous, et aussi bien de son temps.

Les émois du cœur et du corps, les enthousiasmes et les réserves, les illusions et les regrets, il y a là de la commune humanité. En général, ce n’est pas mince affaire pour un auteur masculin que de se glisser dans la conscience féminine ; Claude Ferrieux y réussit non par effraction mais comme naturellement : Michelle, Michelle, le prénom résonne de page en page, en un écho sans cesse réverbéré. N’y aurait-il pas une part de l’auteur en ce personnage qu’il suit à la trace ?

Robert Ferrieux

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 23:38
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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 17:05
Parution de "Bourbonnais se déchaîne"
Parution de "Bourbonnais se déchaîne"


140 pages
Illustrations n. et b.


Editions du Petit Pavé 49 Brissac-Quincé

Imprimerie La Botellerie 49 Vauchrétien

Nouvel ouvrage dans la collection " Maison Noire " de l'éditeur

Quelques extraits :

1
Widget*
. France 3 Centre... Consternante nouvelle...
Le cadavre dénudé d’une jeune fille est retrouvé dans un
sous-bois... Une fois de plus... les journalistes estiment
probable l’hypothès
e d’un crime sexuel.


Navrant. Grotesque même. Il en aurait chialé.
Bourbonnais avait passé la soirée précédente à
flâner et admirer le coucher de soleil autour du plan
d’eau, alors qu’une pauvre jeune fille s’était faite
agresser, perdant la vie en plein bois à quelques
centaines de mètres de là.
Il n’en revenait pas. Lui, un pro, commissaire divisionnaire
à la PJ de Vichy, formé dans sa jeunesse au
Canada... Les criminels n’avaient plus aucune retenue.
Il revivait les faits : à l’heure précise du décès,
20h30, il se trouvait au bord de l’eau, assis sur un
banc, à bailler aux corneilles. La fille, elle, subissait les
pires sévices dans sa voiture arrêtée sur un chemin
creux, à moins de cinq cent mètres, à vol d’oiseau.
- 7 -
*Petit logiciel destiné à transmettre une information sur un ordinateur ou un téléphone cellulaire.


D’un côté l’ancien émigré appréciait la douceur de
vivre en ce samedi de mars radieux au cours duquel il
était venu goûter un repos bien mérité sur la terre de
ses ancêtres. Descendu à Henrichemont, à l’hôtel du
Bœuf avec son épouse, il avait revisité la région, IvoylePré,
La Chapelle-d’Angillon : le lac olympien, sous
les gazouillis printaniers des berges boisées, et le châ-
teau se chauffant l’échine aux feux du couchant.
De l’autre... Bourbonnais frémissait d’horreur et de
rage. Il préférait ne pas savoir, tirer un voile pudique
imaginaire. Par son métier, il se voyait souvent
confronté au sordide, mais jamais il ne s’habituerait.
- 8 -
La Chapelle-d’Angillon : château de Sully et plan d’eau
Une fille charmante. Un beau visage régulier,
encadré d’ondulations brunes. Souriant à la vie. La télé
avait passé sa photo dès le matin. Le nom du hameau
d’origine, appartenant à la commune d’Ivoy, avait
subitement gelé le brouhaha au bar du Bœuf où le couple
Bourbonnais prenait son petit déjeuner.
—Regarde ! avait dit le commissaire à son épouse,
l’index levé en direction du grand écran plat accroché
dans l’angle surmontant la porte d’entrée.
—Quoi donc ?
—La gendarmette !
—Ah oui. Je crois l’avoir déjà rencontrée, admit
Mme Bourbonnais.
—Bien sûr, c’est la fille de Martin.
Le commissaire parut si content qu’il en oublia
presque d’écouter l’interview donnée par la jeune
femme. Plusieurs consommateurs s’étaient retournés,
le fixant froidement car il n’avait pas su contenir sa
voix, grave et forte de nature, ni son accent québécois.
Outre l’indignation, Bourbonnais sentait monter en
lui l’excitation du terrain. Il se trouvait au cœur de l’action. Témoin.
« Nous n’avons rien vu », objecta sa femme.
Présence indéniable. Il ne fallait jamais préjuger des
développements d’une enquête. Chaque détail avait
son importance. Il se devait d’apporter son concours.
« À une jeune et mignonne investigatrice ! » souligna l’épouse.
À la fille de son vieux subordonné Roland Martin,
brigadier-chef pendant des années au commissariat de
Vichy. Maintenant retraité. Une aubaine.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 10:09
Parution : Enfances Bourbonnaises


70 pages
Illustrations n. et b.
Imprimerie I.C.N. Orthez

1956 Varennes-sur-Allier petits textes sur les travaux de rehaussement des locaux scolaires, le marché avec ses caractéristiques de l'époque, scène de la vie quotidienne etc. (C.F.)
1917 Buxières-les-Mines la vie difficile des habitants pendant la Première Guerre mondiale, belles descriptions de la nature (J.F.)
1942 - 1945 Le Mayet-de-Montagne, Varennes-sur-Allier pendant la guerre. Récits d'un adulte inspirés par l'œil observateur d'un adolescent turbulent. (R.F.)
1538 Lorenzaccio à Moulins
(C.F.)


Gigantesque chantier (Varennes-sur-Allier)

Été. L'école, décapitée, s'élève peu à peu d'un étage. Sans son toit, l'enfant que je suis la voit changée, dénudée, méconnaissable. La cour, d'ordinaire si calme, résonne de bruits de moteur : bétonnière, camions, grues, scie manœuvrée par des charpentiers. Elle est envahie par les matériaux. Des ouvriers s'activent, pelles en main. D'autres grimpent à des échelles appuyées contre les murs. En haut, les maçons, calés sur des échafaudages, empilent les briques, une à une. Le désordre de l'étage est complet : sciure répandue, piquets, brouettes, plafonds effondrés.
Le rez-de-chaussée apparaît en triste éta
t.

Le vieux château (Buxières-les-Mines)


De nos jours, il reste encore quelques châteaux forts. Certains sont restaurés et habités. C'est le cas de celui où je vis. J'en connais les moindres recoins mieux que tout autre.
De loin, on ne voit qu'une masse sombre
enfouie dans les arbres. Une petite rue encaissée y amène. On distingue un vieux mur lézardé et des meurtrières espacées. Un fossé fait le tour des habitations. Un pont
permet de le franchir. Pour arriver dans la cour, il faut traverser un couloir sombre, puis,
lorsqu'on est revenu à la lumière, de grands platanes s'offrent à la vue. Les murs
apparaissent noircis et décrépits. De grands
escaliers permettent d'accéder aux logements. La pointe d'une tour dépasse du toit. Dans un coin, un trou garni de lames de fer rouillées fait l'office d'oubliettes. De grandes fenêtres s'ouvrent sur la cour quasi-circulaire, plusieurs antiques balcons en pierre leur f
ont pendant.



Le Mayet-de-Montagne : arrivée des
Alleman
ds


J'avais assisté à l'arrivée des Allemands. Mon oncle Gustave et ma tante Arlette, qui avaient fui sur leur moto, se trouvaient chez nous, mais sans essence pour poursuivre leur route ou retourner à Versailles. Nous étions dans la petite salle et, de la fenêtre devant laquelle je me baissais tant j'avais peur, je vis des motocyclistes en feldgrau (couleur verdâtre des uniformes allemands),
casqués, Mauser en bandoulière, foncer en trombe dans la cour, tourner deux ou trois fois, partir, revenir suivis d'une sorte de jeep (nous ne connaissions pas encore le nom), puis d'un camion d'où sortirent plusieurs
gradés et soldats. Ce qui les intéressait, c'était un gros poste émetteur bourré de manettes et de fiches, que les Français en déroute avaient abandonné quelques jours auparavant dans la classe de monsieur Pertubat (trop âgé ou inapte, il n'avait pas été mobilisé). Nous n'en menions pas large, ma mère, 39 ma tante et moi. Mais mon oncle, à notre grand effroi, décida d'aller leur parler pour leur acheter de l'esse
nce.


Lorenzaccio à Moulins l'espace d'un
Printem
ps

Initialement connu sous le surnom de Lorenzino (le petit Laurent) qui le différencie de Lorenzo il Magnifico (Laurent le Magnifique, 1449-1492), Laurent de Médicis (1514-1548) apparaît dans la littérature française au 19e siècle, grâce à
George Sand et Alfred de Musset, en antihéros, affublé de son second suffixe, péjoratif celui-là : Lorenzaccio (le mauvais Laurent). Personnage énigmatique, parfois attachant, capable aussi de se montrer exécrable.
Mais sait-on qu'il a vécu à Moulins plusieurs mois de son existen
ce ?

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Parution : Enfances Bourbonnaises
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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 10:20
Parution : Petite Histoire de la Drôme

Petite Histoire de la Drôme

À l'heure où on parle de supprimer les départements, en connaît-on bien l'Histoire ? Sont-ils des entités créées ex-nihilo ? Ont-ils évolué vers la cohérence ?

Les provinces de l'Ancien Régime s'étaient construites par le fer et le sang. Le découpage révolutionnaire a suivi une logique à la fois historique et géographique, parfois un peu artificielle. Qu'en est-il pour la Drôme ?

Tourné dès l'Antiquité au sud vers Massalia, dominé au nord par les Allobroges, aux origines de la création du Dauphiné, révolutionnaire au nord, royaliste au sud, partagé entre un couloir de passage et des espaces montagnards, le territoire drômois a pu paraître très disparate. Pourtant son entité est plutôt bien vécue aujourd'hui.

Après la bonne réussite commerciale de "Meurtre à Romans" et de "L'Histoire du Bourbonnais racontée aux enfants", voici un autre ouvrage historique, d'accès aisé, ludique : "Petite Histoire de la Drôme". On trouvera une présentation du département, suivie d'une chronologie historique. Chaque chapitre se termine par des activités : Q.C.M. Mots croisés, Mots cachés.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 10:11

Nouvelle parution aux Editions du Petit Pavé

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Chaque chapitre expose les principales données historiques, puis est suivi d'un récit et d'activités (un dossier en accès libre, en ligne, correspond à celui du livre).

 

Quelques extraits :

 

 

L’ALLIER GALLO-ROMAIN

 

Après la conquête de Jules César, en 52 avant Jésus-Christ, apparaît la civilisation gallo-romaine.

Les Gaulois s’adaptent, assimilent  le mode de vie romain parfois avec une grande facilité et en peu d’années (villes), plus lentement sans doute dans les campagnes.

La vallée de l’Allier, qui  a très probablement servi à la navigation et au transport des poteries arvernes, a toujours constitué un lieu de passage naturel du nord au sud.  D’importantes voies romaines s’y croisaient : d’Augustodum, (Autun) ou Avaricum (Bourges) à Aquis Calidis (Vichy) et Augustonemetum (Clermont). D’autres itinéraires est-ouest (de Lugdunum –Lyon- vers Cantilia –Chantelle- et Aquae Nerii -Néris-les Bains-), la traversaient

.../link


 

RÉCIT :Enfant gallo-romain à Vorocium (Vouroux, Varennes-sur-Allier)

Essayons d’imaginer la vie d’un jeune garçon né à Vorocium au premier ou deuxième siècle de notre ère. La civilisation gallo-romaine s’est développée sur la terrasse qui s’élève à dix mètres au-dessus du niveau du petit affluent du flumen Elaver (Allier). Si des constructions en bois subsistent dans la campagne, le centre du village est construit en bonnes et solides pierres calcaires du pays.

À la limite du coteau se trouve la maison de Caius. Celui-ci entre dans sa huitième année. Il vit heureux, oh, pas dans une demeure patricienne fermée autour de sonimpluvium (bassin recueillant l’eau de pluie), ni servi par des esclaves. Non, c’est plus simplement une petite construction insérée dans une ligne mitoyenne, comprenant une échoppe ouverte sur la grande voie romaine dont on dit qu’elle provient de cités prestigieuses (Augustodunum - Autun, Lutèce - Paris -),  pour sinuer, mais c’est presque banal, jusqu’à Rome. Son père, dans des grandes jarres, des pots, et aussi sur un étal en bois, fait commerce de denrées alimentaires. À l’arrière,  deux pièces sombres avec leur passage fermé d’une épaisse tenture. Mais il suffit de filer au bord du ruisseau pour s’éblouir aux éclats du soleil de midi ou laisser vaguer le regard, le soir, jusqu’aux verts profonds des collines qui barrent l’horizon.

Caius est d’origine gauloise. Mais il porte un prénom romain. Son père, stimulé par les résultats de son commerce, a de l’ambition pour son fils. Depuis l’automne dernier il paie chaque mois le magister ludi (maître d’école). Sous son autorité inflexible, Caius apprend à lire, écrire et compter. Il trace les lettres, écrit les mots avec le style, dans la cire de la tablette. Difficile exercice. Souvent le style glisse, dérape et le maître menace de la férule (baguette), appuyée à l’angle du mur. Alors l’enfant retourne le style et lisse la cire tant bien que mal à l’aide de l’embout en forme de spatule. Encore quelques efforts et le maître autorisera l’usage du calame (roseau taillé), que l’on trempe dans l’encre pour tracer les caractères sur le volumen (feuille de papyrus roulée).

  

Tablette et style         Calame

image 20 collège clermontimage 21 collège clermont

/...

Dossier en ligne : cferrieux.free.fr/allier.htm

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 15:19

Deux titres à 4 E 85 sur le site de Lettropolis.

Pour un ex. commandé, téléchargement gratuit du second titre.


Pour visionner un extrait dans votre navigateur, cliquer (bouton gauche de la souris) sur une couverture ci-dessous :

Pour enregistrer l'extrait et le visionner dans Adobe Reader : clic bouton droit de la souris (enregistrer la cible du lien sous) :


48CO                                                        53CO

258 pages disponibles aux formats pdf, epub, swf  (flash)                   189 pages en format pdf


Pour commander un ex. au prix de  4 E 85, cliquer sur l'icône de Lettropolis ci-dessous :

 

http://cferrieux.free.fr/images/Brume%20corse/Lettro_Pierre.png             M'avertir pour obtenir le second téléchargement gratuit.            

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 15:03

L’Empire en vacances

http://www.lettropolis.fr/Public/Olnitheque/Fiche.php?ID_Article=53&fiche=PP

 

LETTROPOLIS publie L’Empire en vacances,

suivi d’un second titre : Les Diamant de Pauline,

                                     de Claude FERRIEUX.

 

Installez-vous confortablement, comme au théâtre… Chut! Le rideau se lève :

 LE RÉCITANT

Drôle d’idée, drôle de titre qui mérite que l’on s’y accroche. Quel empire peut jamais être en vacances ? Quel historien barbu, chenu, lunetté d’importance pourrait jamais ajouter foi à ce titre ? C’est pourquoi, ouvrons nos oreilles, et écoutons ce petit dialogue par lequel notre historien s’invite dans « Le Regard de Lettropolis » :

L’HISTORIEN ET L’ÉDITEUR

Mais Monsieur, vous n’y pensez-pas ! Vous oubliez qu’un empire n’est que la juxtaposition de divers peuples associés nolens volens sous une direction lointaine, juxtaposition branlante, hasardeuse, remuante par essence, n’attendant qu’une lézarde dans la grande maison pour en précipiter la chute ! »

— Oui mais, Monsieur l’historien, nous avons affaire ici à un romancier, avec toutes les autorisations et les audaces que lui confère la difficile définition du mot « roman ».

— Si vous croyez que raconter l’Histoire n’expose pas à autant de difficultés…

— Certes, mais au son de votre voix je devine que vous évoquez l’Histoire avec un grand H, un H majuscule propre à nous asséner de grandes vérités, à hacher – si vous le permettez – nos petites histoires en miettes.

— Vous me prenez pour un ogre peut-être ?

— Oh, je vois que j’ai touché un point sensible, l’Ogre, n’est-il pas le surnom de l’Empereur ? Et cette fois, c’est moi qui y mets une majuscule.

— Des jaloux, des manipulateurs, des servants d’officines, des… Ah ! Si je les tenais…

— Si vous le voulez bien, laissons ce point à d’autres. Vous permettez que je vous parle de ce roman ?

L’Historien (avec H majuscule) laisse échapper un soupir :

— Allons-y, je suis prêt au pire…

— Pour beaucoup d’entre nous, l’île d’Elbe n’est qu’un nom, un vague territoire mal positionné…

— Les Français ignorent la géographie, chacun sait cela.

— Alors la meilleure façon de la leur faire aimer, c’est de leur raconter une belle histoire. C’est ce que fait Claude Ferrieux. Il nous montre Napoléon devenu souverain de l’île, et comment, toujours grand organisateur, il lui insuffla son énergie mobilisatrice, comment, accompagné de ses fidèles d’entre les fidèles, il mena, une fois de plus, cent affaires ensemble.

— C’était un homme, un vrai…

— Oui, avec ses grandeurs et ses faiblesses, ainsi, lorsque Claude Ferrieux nous dépeint l’arrivée de Maria Walewska en son repaire montagneux de Madonna del monte à Marciana…

— Ah ! Il connaît cela votre monsieur Ferrieux ?

— Et bien d’autres choses encore. Les romans historiques sont aussi une belle machine à remonter le temps.

— Hum… Oui, si vous voulez… Enfin…

— Et qui plus est, il s’intéresse au sort des petits, ces grands oubliés de l’Histoire…

— Ne serait-ce pas une pierre en mon jardin ?

— Un gravier, tout au plus. Donc, il s’en passe des choses autour de cette visite, il en faut du monde, des régiments pour en assurer la sécurité, des gens de maison, et parmi eux, deux belles lingères polonaises dont l’une, Ludmilla, tombera sous le charme d’un jeune soldat prénommé Camille.

— Et ils se marieront, vivront longtemps et auront beaucoup d’enfants ?

— Ça, je ne vous le dévoilerai pas. Mais plus important est la douceur, la tendresse même qui se dégage de ces lignes. Vous verrez, Claude Ferrieux est un auteur de qualité, de cette qualité tranquille des bons enseignants qui ne forcent pas la note, qui vous donnent envie de remâcher l’histoire, d’y revenir, tout tranquillement. Oh ! Il n’use pas des grandes tirades, il refuse les flamboyances, les excès de tous genres. Simplement, il pose un regard apaisant sur les êtres et les choses…

— N’est-ce pas un peu mièvre, cette façon de raconter ?

— Point du tout, car les trahisons, les hésitations, les peines, les douleurs ne sont point absentes. Simplement elles ne sont pas traitées dans l’embrasement du romantisme, ni dans la noirceur entretenue d’un Zola, encore moins dans la dégoulinade morvo-sanguinolente des modes récentes.

— Dites ! N’êtes-vous pas en train de me faire l’article ?

— Vous en ferez ce que vous voudrez. Je vous dis simplement qu’il y a dans l’écriture de Claude Ferrieux, une certaine leçon de psychologie, car les héros ont tous leurs fêlures, leurs trahisons parfois, dont il faut bien qu’ils s’accommodent. Ainsi va la vie… si nous voulons bien regarder en nous-mêmes.

— Là, vous marquez un bon point.

— Et pour peu que le sérieux de vos études n’ait pas altéré votre sensibilité, vous y trouverez aussi une petite musique sous le charme de laquelle, je vous le garantis, vous tomberez.

— Je veux bien vous croire, mais , j’y pense… ce genre de roman, ne pourrait-il pas mener de jeunes esprits à aimer l’Histoire ?

— D’une pierre deux coups en quelque sorte…

— Mais il faudrait d’abord que j’en juge par moi-même.

— Bien entendu. Et je suis sûr que cette lecture vous rafraîchira l’âme, et vous donnera même envie de visiter cette belle île méditerranéenne.

— C’est vrai. Je ne l’avais jamais vue que sur une carte… et les vacances approchent… Je me demande…

  LE RÉCITANT

L’historien – nous voulons dire l’Historien – repartit vers ses études, mais, je puis vous l’assurer, un sourire nouveau éclairait son regard.

 L’Empire en vacances
de Claude FERRIEUX

190 pages,

4,85 €

 

 Avec les compliments de Lettropolis, édition numérique de textes numérisés appelés OLNIs® (Objet Littéraire Naviguant sur Internet)

 

Cet article est dans la catégorie 1 Les Olnis® s'affichent, 1 Présentation. Disponible sous

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 23:04

 

Giacomo CASANOVA

 

Le souhait de Daniel des Brosses, avec ce Casanova, était de présenter un personnage séduisant – c'est le moins qu'on puisse en dire – piquant, voire irritant, en remettant quelques pendules à l'heure du XVIIIe siècle, pour notre XXIe.
Il s'agit donc d'un double apport, sans la pesanteur de l'historien bardé d'érudition, mais avec la grâce du conteur, moraliste à ses heures, au plein sens du terme :
éviter de juger à l'aune de la morale du jour, les mœurs d'un autre temps, d'un autre monde
et porter à la connaissance du curieux les points fondamentaux par lesquels le Vénitien cavalcadeur (ou cavaleur ?) se présente, sans pour autant entrer dans le foisonnement des quelque trois mille pages de son Histoire de ma vie.

L'histoire contée de cette façon, on en demande, on en redemande. Nous en avons besoin, pour la connaissance, certes, mais aussi pour la réflexion, et finalement pour le plaisir, ce qui est certainement un bon guide de vie : joindre l'utile à l'agréable.

Couverture

  4.85 € 

 

Format de lecture disponible : PDF

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:54

link

Journal d'un soldat de la Guerre 1870-1871


de Michel Prati et de Corinne Micault

Emile Moreau est étudiant en droit quand éclate la guerre de 1870. Il rejoint alors Laval et le bataillon des mobiles de la Mayenne.

A travers son journal, on suit au jour le jour l’apprentissage de la guerre par un soldat néophyte, et l’évolution du conflit jusqu’à l’armistice final.
Emile Moreau découvre les villages traversés durant les étapes de marche, d’un œil curieux, voire touristique. C’est donc à un voyage au cœur de l’Eure-et-Loir, de l’Indre-et- Loire, et du Maine-et-Loire de 1870, qu’il nous invite dans ce livre.

Richement illustré en couleur, le récit est aussi accompagné d’encarts explicatifs didactiques, attrayants, décrivant le contexte général des évènements vécus par Emile Moreau. Ainsi ce livre ne présente pas seulement un intérêt d’histoire locale, mais s’adresse aussi à tous ceux qui s’intéressent à la réalité de la guerre vécue par les populations, ainsi qu’aux amateurs d’histoire qui peuvent içi redécouvrir cette guerre de 1870-71 qui a marqué si profondément l’histoire de notre pays, et reste pourtant si injustement oubliée.

Genre : histoire
Collection : Régionalisme et Terroir

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