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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 10:58

Mon goût pour l'Histoire, ne fait pas de moi un historien. Je me situe au contraire en consommateur de données rassemblées par d'autres, lorsque je compose des romans historiques ou de petits ouvrages à vocation didactique.

Néanmoins, ma connaissance de l'italien me permet mesurer la part de subjectivité dont se défendent les vrais historiens.

Lorsque j'étais en hypokhâgne, notre professeur d'histoire nous faisait étudier la Révolution française d'après Pierre Gaxotte, dont le point de vue royaliste était notoire. À l'époque, je jugeais ce cours intéressant mais original, pour ne pas dire un peu farfelu. Avec le temps, je crois au contraire qu'il était très formateur en nous confrontant à une étude un peu partisane qui froissait certaines de nos convictions mais nous alertait et formait notre jugement.

Je suis un lecteur assidu de la collection Oscar Storia de l'éditeur Mondadori. Récemment j'ai lu : La dernière croisade, Quand les Ottomans arrivèrent aux portes de l'Europe, de Arrigo Petacco. J'y ai trouvé une vision de François 1er assez différente de celle des ouvrages français. Son alliance avec le sultan turc pour s'opposer à Charles Quint y est jugée irresponsable, au moment où les Turcs avaient pour ambition déclarée de transformer St Pierre de Rome en mosquée.  La protection de l'occident chrétien ne sera effective que grâce à la bataille navale de Lépante (1571) gagnée par la flotte chrétienne, en grande part vénitienne, et l'échec turc du siège de Vienne en 1683.

Lors de la bataille de Lépante, selon Arrigo Petacco, le sort du combat s'est joué en partie sur la galère de l'amiral ottoman, où les prisonniers galériens vénitiens ont réussi héroïquement à se libérer et à se retourner contre leurs bourreaux. Le jugement de l'historien est plus sévère à l'encontre des Gênois, qui rompirent les rangs de la bataille pour une inutile poursuite des galères barbaresques échappant au désastre. Poursuite ou fuite ?

Or, voilà qu'à peine quelques semaines après avoir terminé cette lecture, je visite dans un musée français une exposition sur la bataille de Lépante. Je constate qu'on juge le départ  des Gênois du lieu de combat,  comme une simple péripétie, quant aux galériens vénitiens, ce serait contre la promesse de se battre à leur côté qu'ils auraient obtenu de leurs geôliers d'être libérés de leurs chaînes. De l'héroïsme, nous voici, même si on les comprend très bien, proches du reniement et de la duplicité.

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Published by Editions Scalea - dans Partage de mes lectures
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commentaires

Robert Ferrieux 13/01/2013 22:25


 Très bien, à l'image de l'auteur : intelligent, fin, pondéré, modeste, à-propos.


 Il s'agit d'une période que je connais mal, mais les livres de on frère m'éclaireront.