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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 18:19
Alerte à Romans
Alerte à Romans
Alerte à Romans UNE ÉTRANGE AFFAIRE Nora feuillète le journal. Entre deux pages, elle porte délicatement à ses lèvres la tasse de café servie par son jeune collègue Kévin. Il lui reste un peu de temps avant de devoir gagner son bureau. Les fenêtres, inondées d'un soleil printanier, laissent apercevoir les platanes renaissants du quai Sainte-Claire. Des pousses vertes ont jailli, qui amplifient l'éclosion des jours passés, et elle n'avait rien remarqué. Les regards sont maintenant capturés par les lignes courbes de la Cité de la musique qui se dresse devant le parc Mitterand. Elle suit les titres dans le Dauphiné, sans lire, nonchalante, se créant une illusion de loisir, comme si elle se trouvait installée à la terrasse d'un café. C'est une belle femme de type méditerranéen, encore dans la trentaine, dont les longs cheveux noirs s'enroulent en chignon, retenus par une pince. Elle préfère. Au bureau. Mais souvent, lorsqu'elle part en intervention, elle les tire en queue de cheval. Ainsi, elle se sent plus à l'aise. Forte. Virile, quasiment masculine. Même si cela devient désagréable, le soir, de s'enfermer le crâne dans un fichu pour passer chez ses parents, à la cité. Tout à coup, un titre happe son attention : « Fait divers troublant, meurtre insolite à Bourg-de-Péage ». Il s'étale en page régionale suivi d'un long article avec photo. Surprise, elle a poussé un cri. Kévin : Maabik ? Nora : Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? Kévin : Je te disais qu'est-ce que tu as en arabe. Nora : En arabe ? Tu connais l'arabe toi ? Kévin : Eh bien... J'ai acheté un livre... la méthode Assimil. Nora : Ah, j'ai compris ! Tu parles l'arabe littéral. Nous, on dit : Macanmat. Et pourquoi tu étudies l'arabe ? Silence du jeune lieutenant. Nora : Tu connais des Arabes à qui parler ? Kévin : Toi. Éclat de rire de Nora, pommettes rosies de Kévin. Nora : Ah, t'es trop mignon. Bon, revenons à nos moutons ! Kévin : Tu as dit Bourg-de-Péage ? Nora : Oui, chez toi. — Pas vraiment, insiste Kévin malgré un sourire impatient de sa capitaine. Mais il précise quand même qu'il habite le quartier résidentiel, un des immeubles qui s'étirent sur la rive gauche de l'Isère. Au troisième étage. L'article, au contraire, évoque une zone commerciale éloignée, située au-delà de l'axe conduisant à Valence, l'Espace Mossant. — Cela te rassure ? demande Nora. — D'habiter au troisième étage ? Oui, car le beau ruban ondulé bordé de platanes qui miroite aux rayons du crépuscule peut aussi se changer en monstre dévastateur. — De quoi tu parles ? — De la crue de l'Isère en 1856... il suffit de regarder les repères sur les immeubles. — Je ne pensais pas à ça. Je parlais du hold-up. T'es quand même un sacré rêveur. Kévin ne réagit pas. Il a l'habitude de se faire gentiment chambrer par ses collègues, lui, le jeune lieutenant de vingt-quatre ans au visage de chérubin. À tel point qu'il doit souvent exhiber sa carte car les gens ne l'imaginent pas flic, et croient à une blague. Nora insiste, elle l'estime tout à fait capable d'écrire des poèmes. Sa façon de s'exprimer. Ses métaphores à propos du couchant sur la rivière... — Et quand bien même cela serait, s'exclame le jeune homme, est-ce incompatible avec la profession policière ? Aucune ironie dans le propos. Nora révèle même avoir suivi une année d'études supérieures en lettres à la Fac. de Valence. Kévin veut savoir pourquoi elle a arrêté, mais les réponses deviennent évasives. Elle finit par dire que le cycle court, en lettres, ne mène à rien, et qu'étudier seule, le soir à la maison, lui a paru plus réalisable en suivant son droit par correspondance. — Jusqu'au concours d'OPJ ? s'étonne Kévin qui s'éclaire en une mimique admirative. — Qu'est-ce que tu crois, jeune homme, demande la capitaine en riant, qu'on n'est pas capables de trimer pour s'en sortir dans les cités ? Le commissaire Durin passe la tête à travers la porte de la salle de repos et lance : « Vous avez vu ça à Bourg-de-Péage ? Ça rappelle le mode opératoire de cette affaire non résolue sur laquelle avait travaillé la commandant Ancelin. Vous devriez prendre contact avec les gendarmes. » Le « OK patron » de Nora est suivi d'une marche rapide des deux OPJ vers leurs bureaux situés en bout de couloir. Nora classe un rapport, et au moment où elle jette à la corbeille une note de service, elle sent le regard de son subordonné à travers la cloison vitrée. Elle articule alors silencieusement les syllabes : dé - jà - lue, déclenchant une moue sceptique de l'intéressé. Lorsqu'elle saisit son téléphone, Kévin anticipe, il glisse son arme dans l'étui sous l'aisselle. Peu après, la capitaine, depuis le seuil de la porte communicante, dit : « On y va, les gendarmes sont déjà sur site ». Le lieutenant attrape son blouson de cuir clair suspendu au dossier du fauteuil et s'empare de deux ou trois bonbons qu'il déballe et fourre dans sa bouche d'un seul geste. « Excellent pour le chiffre de ton dentiste, » commente Nora. « J'ai faim », tranche le jeune homme. — Bon, tu m'expliques ? Kévin s'installe au volant de la Clio gris métallisée du commissariat. Pas de gyro ? — Pourquoi pas le deux-tons, tant que tu y es ? Non, nous sommes en simple visite de courtoisie. Si tu avais été moins bavard, tout à l'heure... Il y a eu un braquage, hier soir, dans un discount et cela a mal tourné. — Et c'est déjà dans le journal? Nora ne relève pas car, dans ce cas précis, la rapidité avec laquelle la presse a réagi lui convient. Sans cela, qui sait si elle aurait été alertée, et avec quel retard. Ils parviennent, à l'espace Mossant, jusqu'à un bâtiment large et bas qui ne paie pas de mine. Une sorte d'entrepôt dont la façade est percée de deux doubles portes vitrées, entrée et sortie. Elles sont barrées de rubans jaunes portant l'inscription : Gendarmerie Nationale Zone interdite, tenus par des tubes fichés dans des pots en plastique qu'on croirait sortis d'un magasin de bricolage. Cela suggère une plaisanterie à Kévin, pots de peinture et combi blanches, mais Nora n'est pas d'humeur. « Moi, je trouve ça plutôt astucieux, les pots. Et puis, travailler dans une cellule d'identification criminelle, c'est plutôt classe à l'heure actuelle. Si je pouvais, je ne craindrais pas de changer avec eux. » Les deux OPJ exhibent leur carte et passent devant le planton. À l'intérieur, entre les deux portes, une sorte de kiosque rectangulaire abrite bureaux et caisse. Une vitre est brisée. Cependant, les tenues blanches s'affairent un peu plus loin, au milieu d'une allée, entre les rangées des présentoirs de vêtements. Des fiches jaunes portant des numéros, ont été disposées sur le sol autour de l'empreinte tracée à la craie, d'un corps allongé.
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 23:01
Michelle

Michelle par Claude Ferrieux

La vie d’une femme libre à l’époque de mai 68 en Auvergne et Bourbonnais.

Michelle, l’héroïne du roman, a vécu la contestation de 1968. Elle a adhéré à certains de ses idéaux. Cru à l’évolution de la société. A-t-elle vécu libre ? Intelligente, sérieuse, elle a pu étudier, réussir, travailler, être indépendante, mais qu’en est-il de la liberté d’aimer ?

En fait, sa vie sentimentale s’est heurtée à l’intransigeance des préjugés qui a failli la briser. Elle a ensuite dû entreprendre un long chemin pour se reconstruire.

Une histoire située dans la société en pleine évolution des années 60, en Auvergne et Bourbonnais, rythmée de séquences dans le Cantal, la Haute-Loire, la Saône-et-Loire, et qui évolue vers la Touraine et le Berry, sans oublier plusieurs escapades insulaires : Oléron, Ré, Sicile.

Impressions d'un premier lecteur :

Suis-je privilégié par le fait que j’écris ces quelques lignes sur un ouvrage de mon frère ? Oui et non : d’emblée, les composantes, certes multiples, des différents personnages et le choix des lieux tout aussi variés, me renvoient à un passé commun, tant il est vrai qu’en dépit des dénégations, on ne parle jamais que de soi, en l’occurrence et par procuration, de moi aussi. Michelle n’est pas anonyme, il me semble que je la connais ou plutôt la reconnais.

Elle est présente de bout en bout, ou presque. C’est d’elle dont il s’agit, c’est sur elle que le narrateur darde son regard, c’est en sa conscience qu’il entre pour, le plus souvent, la laisser, par le biais du discours indirect libre, s’exprimer. Il y a là un jeu subtil de miroirs : le prisme de l’un délègue à celui de l’autre, et la protagoniste, comme les personnages, ces jeunes, puis moins jeunes hommes et femmes qui défilent – autant de jalons dans la vie de l’héroïne – ce qui se passe en eux, leurs désirs les plus secrets, se trouvent comme doublement filtrés.

Malgré son présent de narration trompeur, l’auteur retrace un passé qui se veut manifestement initiatique : il y a du Bildungsroman (roman initiatique) en ce livre qui dessine peu à peu les contours d’une mise en maturité. Et cela, au fil d’un itinéraire quasi picaresque tant les lieux successifs, au-delà de leurs aventures parfois rocambolesques, deviennent emblématiques, chacun représentant une étape psychologique, une mutation sociale, une nouvelle époque, tranches de vie que régissent les turbulences des années 1960.

Michelle est fille de terroir, marquée comme bourbonnaise, berrichonne et solognote. Moulins, Vichy, Clermont, Montluçon, l’Aumance, l’Allier, la Loire, le Cher, puis, dans un chapitre privilégié, le carré Ivoy-le Pré, Henrichemont, La Chapelle d’Angillon, Aubigny-sur-Nère, et j’en passe. Les escapades, la Sicile, la Corse, les îles de l’Atlantique, ce ne sont que des parenthèses, chacune cependant, elle aussi porteuse d’une avancée. L’ancrage est robuste, on part, mais on revient toujours, tenu par le lien charnel avec la terre noire des aïeux.

Le lecteur bourbonnais aux franges berrichonne et bourguignonne que je suis y trouve son compte. Le livre me promène dans les plaines de la Limagne, à l’horizon des Dômes, dans les ruelles jouxtant la Place d’Allier ou au milieu de celle de Jaude, parmi les senteurs solognotes. Et en chemin, j’observe l’héroïne, dont je suis la destinée se dégageant peu à peu, au gré de l’Histoire, de la gangue bonhomme mais bien-pensante de son milieu, une femme moderne, en somme, bien de chez nous, et aussi bien de son temps.

Les émois du cœur et du corps, les enthousiasmes et les réserves, les illusions et les regrets, il y a là de la commune humanité. En général, ce n’est pas mince affaire pour un auteur masculin que de se glisser dans la conscience féminine ; Claude Ferrieux y réussit non par effraction mais comme naturellement : Michelle, Michelle, le prénom résonne de page en page, en un écho sans cesse réverbéré. N’y aurait-il pas une part de l’auteur en ce personnage qu’il suit à la trace ?

Robert Ferrieux

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 13:43

Après la publication de Petite Histoire de la Drôme, j'ai eu l'occasion de rencontrer le public en plusieurs endroits du département et d'observer ses réactions. J'ignorais la façon dont mon livre serait accueilli, et d'une manière plus générale, je découvrais les sentiments des Drômois envers leur propre département. L'ambiguïté que j'avais cru déceler à partir de ma vie quotidienne, s'est trouvée confirmée. Souvent, j'ai entamé des discussions qui ont pu être animées. On allait de la curiosité bienveillante à l'intérêt modéré. Pour passer, aux confins méridionaux, à la méfiance pouvant atteindre l'hostilité déclarée.

Moi, je proviens d'un département, l'Allier, qui, à l'instar de la Drôme et du Dauphiné, est issu d'une province au passé prestigieux, le Bourbonnais, seigneurie puis duché d'une famille qui a donné tant de rois à la France. Annexée à l'Auvergne, puis maintenant à Rhône-Alpes-Auvergne, l'identité bourbonnaise s'affirme, fortement, surtout au cœur du département. Dès qu'on atteint les limites géographiques, l'enthousiasme faiblit. Il suffit de considérer l'Histoire : Vichy resta auvergnate jusqu'au début du quinzième siècle, et Montluçon se revendiqua, à la Révolution, chef-lieu d'un hypothétique département du Haut-Cher. Incroyable, la longévité, la solidité des mentalités et des traditions transmises de génération en génération. (C'est une observation que j'avais déjà faite à propos des langues régionales, sicilienne, corse ou bretonne.)

Pour en revenir à la Drôme, qu'elle soit des collines, du Valentinois, de la montagne ou de la vallée, elle me paraît porter un regard assez distant sur elle-même. Bienveillant, certes. Mais l'approche de son passé ne revêt aucun caractère d'urgence. Que l'on franchisse le Rhône (pour passer en Ardèche), ou la ligne des oliviers, on est carrément en pays différent, pour ne pas dire hostile. Pourtant, nombreux sont les Ardéchois d'origine, immigrés de longue date dans la Drôme. Quant au Sud, qui se dit provençal, sa barrière arborée l'éloigne de Valence. C'est Carpentras, Orange, Avignon qui exercent leur fascination. Mais l'olivier ne délimite que l'influence climatique méditerranéenne. La Drôme provençale n'a jamais appartenu, à l'exception de quelques enclaves, à la Provence. (À moins de remonter, peut-être aux temps antiques ou haut-moyenâgeux.) N'est-ce pas une richesse que d'être Drôme provençale plutôt que Haut-Vaucluse ?

En somme, avant d'être une, la Drôme se morcelle en zones géographiques, puis en innombrables communautés : ardéchoise, arménienne, italienne, maghrébine, turque... etc., sans oublier les différentes religions.

Peut-être peut-on risquer l'idée que les populations ont-été soumises et incorporées rudement au Dauphiné par les comtes d'Albon, puis par les Dauphins et les rois de France.

Je crois quand même utile de se pencher sur le passé pour comprendre le présent.

Claude Ferrieux

Petite Histoire de la Drôme

E & R

La Bouquinerie

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 23:38
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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 17:05
Parution de "Bourbonnais se déchaîne"
Parution de "Bourbonnais se déchaîne"


140 pages
Illustrations n. et b.


Editions du Petit Pavé 49 Brissac-Quincé

Imprimerie La Botellerie 49 Vauchrétien

Nouvel ouvrage dans la collection " Maison Noire " de l'éditeur

Quelques extraits :

1
Widget*
. France 3 Centre... Consternante nouvelle...
Le cadavre dénudé d’une jeune fille est retrouvé dans un
sous-bois... Une fois de plus... les journalistes estiment
probable l’hypothès
e d’un crime sexuel.


Navrant. Grotesque même. Il en aurait chialé.
Bourbonnais avait passé la soirée précédente à
flâner et admirer le coucher de soleil autour du plan
d’eau, alors qu’une pauvre jeune fille s’était faite
agresser, perdant la vie en plein bois à quelques
centaines de mètres de là.
Il n’en revenait pas. Lui, un pro, commissaire divisionnaire
à la PJ de Vichy, formé dans sa jeunesse au
Canada... Les criminels n’avaient plus aucune retenue.
Il revivait les faits : à l’heure précise du décès,
20h30, il se trouvait au bord de l’eau, assis sur un
banc, à bailler aux corneilles. La fille, elle, subissait les
pires sévices dans sa voiture arrêtée sur un chemin
creux, à moins de cinq cent mètres, à vol d’oiseau.
- 7 -
*Petit logiciel destiné à transmettre une information sur un ordinateur ou un téléphone cellulaire.


D’un côté l’ancien émigré appréciait la douceur de
vivre en ce samedi de mars radieux au cours duquel il
était venu goûter un repos bien mérité sur la terre de
ses ancêtres. Descendu à Henrichemont, à l’hôtel du
Bœuf avec son épouse, il avait revisité la région, IvoylePré,
La Chapelle-d’Angillon : le lac olympien, sous
les gazouillis printaniers des berges boisées, et le châ-
teau se chauffant l’échine aux feux du couchant.
De l’autre... Bourbonnais frémissait d’horreur et de
rage. Il préférait ne pas savoir, tirer un voile pudique
imaginaire. Par son métier, il se voyait souvent
confronté au sordide, mais jamais il ne s’habituerait.
- 8 -
La Chapelle-d’Angillon : château de Sully et plan d’eau
Une fille charmante. Un beau visage régulier,
encadré d’ondulations brunes. Souriant à la vie. La télé
avait passé sa photo dès le matin. Le nom du hameau
d’origine, appartenant à la commune d’Ivoy, avait
subitement gelé le brouhaha au bar du Bœuf où le couple
Bourbonnais prenait son petit déjeuner.
—Regarde ! avait dit le commissaire à son épouse,
l’index levé en direction du grand écran plat accroché
dans l’angle surmontant la porte d’entrée.
—Quoi donc ?
—La gendarmette !
—Ah oui. Je crois l’avoir déjà rencontrée, admit
Mme Bourbonnais.
—Bien sûr, c’est la fille de Martin.
Le commissaire parut si content qu’il en oublia
presque d’écouter l’interview donnée par la jeune
femme. Plusieurs consommateurs s’étaient retournés,
le fixant froidement car il n’avait pas su contenir sa
voix, grave et forte de nature, ni son accent québécois.
Outre l’indignation, Bourbonnais sentait monter en
lui l’excitation du terrain. Il se trouvait au cœur de l’action. Témoin.
« Nous n’avons rien vu », objecta sa femme.
Présence indéniable. Il ne fallait jamais préjuger des
développements d’une enquête. Chaque détail avait
son importance. Il se devait d’apporter son concours.
« À une jeune et mignonne investigatrice ! » souligna l’épouse.
À la fille de son vieux subordonné Roland Martin,
brigadier-chef pendant des années au commissariat de
Vichy. Maintenant retraité. Une aubaine.

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 10:09
Parution : Enfances Bourbonnaises


70 pages
Illustrations n. et b.
Imprimerie I.C.N. Orthez

1956 Varennes-sur-Allier petits textes sur les travaux de rehaussement des locaux scolaires, le marché avec ses caractéristiques de l'époque, scène de la vie quotidienne etc. (C.F.)
1917 Buxières-les-Mines la vie difficile des habitants pendant la Première Guerre mondiale, belles descriptions de la nature (J.F.)
1942 - 1945 Le Mayet-de-Montagne, Varennes-sur-Allier pendant la guerre. Récits d'un adulte inspirés par l'œil observateur d'un adolescent turbulent. (R.F.)
1538 Lorenzaccio à Moulins
(C.F.)


Gigantesque chantier (Varennes-sur-Allier)

Été. L'école, décapitée, s'élève peu à peu d'un étage. Sans son toit, l'enfant que je suis la voit changée, dénudée, méconnaissable. La cour, d'ordinaire si calme, résonne de bruits de moteur : bétonnière, camions, grues, scie manœuvrée par des charpentiers. Elle est envahie par les matériaux. Des ouvriers s'activent, pelles en main. D'autres grimpent à des échelles appuyées contre les murs. En haut, les maçons, calés sur des échafaudages, empilent les briques, une à une. Le désordre de l'étage est complet : sciure répandue, piquets, brouettes, plafonds effondrés.
Le rez-de-chaussée apparaît en triste éta
t.

Le vieux château (Buxières-les-Mines)


De nos jours, il reste encore quelques châteaux forts. Certains sont restaurés et habités. C'est le cas de celui où je vis. J'en connais les moindres recoins mieux que tout autre.
De loin, on ne voit qu'une masse sombre
enfouie dans les arbres. Une petite rue encaissée y amène. On distingue un vieux mur lézardé et des meurtrières espacées. Un fossé fait le tour des habitations. Un pont
permet de le franchir. Pour arriver dans la cour, il faut traverser un couloir sombre, puis,
lorsqu'on est revenu à la lumière, de grands platanes s'offrent à la vue. Les murs
apparaissent noircis et décrépits. De grands
escaliers permettent d'accéder aux logements. La pointe d'une tour dépasse du toit. Dans un coin, un trou garni de lames de fer rouillées fait l'office d'oubliettes. De grandes fenêtres s'ouvrent sur la cour quasi-circulaire, plusieurs antiques balcons en pierre leur f
ont pendant.



Le Mayet-de-Montagne : arrivée des
Alleman
ds


J'avais assisté à l'arrivée des Allemands. Mon oncle Gustave et ma tante Arlette, qui avaient fui sur leur moto, se trouvaient chez nous, mais sans essence pour poursuivre leur route ou retourner à Versailles. Nous étions dans la petite salle et, de la fenêtre devant laquelle je me baissais tant j'avais peur, je vis des motocyclistes en feldgrau (couleur verdâtre des uniformes allemands),
casqués, Mauser en bandoulière, foncer en trombe dans la cour, tourner deux ou trois fois, partir, revenir suivis d'une sorte de jeep (nous ne connaissions pas encore le nom), puis d'un camion d'où sortirent plusieurs
gradés et soldats. Ce qui les intéressait, c'était un gros poste émetteur bourré de manettes et de fiches, que les Français en déroute avaient abandonné quelques jours auparavant dans la classe de monsieur Pertubat (trop âgé ou inapte, il n'avait pas été mobilisé). Nous n'en menions pas large, ma mère, 39 ma tante et moi. Mais mon oncle, à notre grand effroi, décida d'aller leur parler pour leur acheter de l'esse
nce.


Lorenzaccio à Moulins l'espace d'un
Printem
ps

Initialement connu sous le surnom de Lorenzino (le petit Laurent) qui le différencie de Lorenzo il Magnifico (Laurent le Magnifique, 1449-1492), Laurent de Médicis (1514-1548) apparaît dans la littérature française au 19e siècle, grâce à
George Sand et Alfred de Musset, en antihéros, affublé de son second suffixe, péjoratif celui-là : Lorenzaccio (le mauvais Laurent). Personnage énigmatique, parfois attachant, capable aussi de se montrer exécrable.
Mais sait-on qu'il a vécu à Moulins plusieurs mois de son existen
ce ?

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Parution : Enfances Bourbonnaises
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 12:34

Napoléon : le défi de trop, émission de France 3 programmée le 7 octobre 2014.

L'émission a été remarquable et passionnante. Elle a fait appel à d'éminents spécialistes, présenté des recherches d'archives originales. En tout point, un travail de grande qualité. Mais, à partir de documents français.

Plusieurs points historiques connus grâce aux publications des historiens locaux, en italien, à Portoferraio, dissipent certaines zones d'ombre.

Napoléon a-t-il toujours cru à un possible retour en France ?

Corse d'origine, appelé localement Prince de l’île d’Elbe (même si le titre d’Empereur figurait dans le traité), il était naturellement tourné vers l'Italie, qu'il voyait à l'horizon (tout comme son île natale, par beau temps).

Au début de son séjour à Portoferraio, Napoléon a reçu de nombreux émissaires italiens, et, à leur instigation, il a conçu des plans d'hypothétique alliance avec Naples (Caroline et Murat), et de création d'un État italien puissant et unifié, avec de grands ports (La Spezia, Venise)...etc. C'est lorsqu'il a eu des nouvelles encourageantes venues de France, qu'il a peu à peu changé de projet et fait le désespoir des patriotes italiens.

Quelle est l'importance des problèmes financiers dans son aventure ?

Après l'épuisement rapide de ses réserves, le « Principe Napoleone » eut recours à l'impôt (d'où le refroidissement de l'enthousiasme initial de la population), et aussi à l'apport des diamants de sa sœur Pauline. Début 1815, il était acculé au départ car son État courrait à la faillite, étant donné que Louis XVIII n'a jamais versé la rente prévue par le traité de paix.

A propos de... L'ombre d'un doute
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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 10:48

Après ma participation au Salon de Bellerive-sur-Allier en mars, Médiélivres à Souvigny en août, je serai présent au Salon des Auteurs de Chatuzange-le-Goubet (26), le 26 septembre 2014, et présenterai l'ensemble de mon activité à l'association Agora de Le Brethon, le 18 octobre 2014.

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 10:20
Parution : Petite Histoire de la Drôme

Petite Histoire de la Drôme

À l'heure où on parle de supprimer les départements, en connaît-on bien l'Histoire ? Sont-ils des entités créées ex-nihilo ? Ont-ils évolué vers la cohérence ?

Les provinces de l'Ancien Régime s'étaient construites par le fer et le sang. Le découpage révolutionnaire a suivi une logique à la fois historique et géographique, parfois un peu artificielle. Qu'en est-il pour la Drôme ?

Tourné dès l'Antiquité au sud vers Massalia, dominé au nord par les Allobroges, aux origines de la création du Dauphiné, révolutionnaire au nord, royaliste au sud, partagé entre un couloir de passage et des espaces montagnards, le territoire drômois a pu paraître très disparate. Pourtant son entité est plutôt bien vécue aujourd'hui.

Après la bonne réussite commerciale de "Meurtre à Romans" et de "L'Histoire du Bourbonnais racontée aux enfants", voici un autre ouvrage historique, d'accès aisé, ludique : "Petite Histoire de la Drôme". On trouvera une présentation du département, suivie d'une chronologie historique. Chaque chapitre se termine par des activités : Q.C.M. Mots croisés, Mots cachés.

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 10:48

Publié sur la revue "Les Brèves du P'tit Pavé" (par les éditions du même nom) voici un texte poétique d'Yves Maurice auquel on ne peut qu'adhérer.

Bonne lecture !

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